RDC: Emmanuel Macron, un avocat du Diable ou un trouble fête ?

Depuis près de 24 heures, une information attribuée aux sources de la Radio France Internationale (RFI) et relayée par certains médias congolais alimente le débat dans les rues de Kinshasa et dans les salons huppés.

À en croire cette nouvelle, le président Français, Emmanuel Macron, aurait demandé, lors du sommet  »One planet Summit », à son homologue congolais, Félix Tshisekedi de prendre ses distances ou encore son indépendance vis-à-vis de son prédécesseur, Joseph Kabila et d’insérer les membres de la plateforme LAMUKA au sein du prochain Gouvernement en gestation, s’il veut voir la France être à ses côtés.

Si ces informations s’avèrent vraiment fondées, il y a lieu de dire qu’Emmanuel Macron a franchi le Rubicon, mettant ainsi à nu son ingérence qui rappelle aux hommes épris de paix et de justice la françafrique de triste de mémoire à laquelle l’Afrique de l’Ouest tente de s’en découdre en mettant fin à l’utilisation du Franc CFA considéré comme la monnaie du néo-colonialisme.
La question que le commun des mortels se pose en ce moment précis est celle de savoir comment un Chef de l’État d’un autre pays peut-il oser donner des instructions à son homologue en rapport avec des questions essentielles de la politique interne?

Pour rappel, lors de la campagne électorale, la France et tous ses médias brillants ont soutenu ardemment monsieur Fayulu en le faisant passer comme le principal opposant à Joseph Kabila et le seul favori de la présidentielle de décembre 2018. Dans ces conditions, comment donc et comment alors, Emmanuel Macron peut aujourd’hui se targuer d’adresser des recommandations à Félix Tshisekedi qu’il a lui-même combattu indirectement pour l’empêcher d’accéder à la magistrature suprême?

Dans un contexte où le FCC et le CACH sont arrivés à formaliser un accord de coalition gouvernementale, faudra encore voir si ça sera une coalition sincère, il est pratiquement difficile que le Président de la République puisse chercher à créer inutilement un fossé entre lui et l’autorité morale du FCC.

Très préoccupé par la crise sociale des gilets jaunes, Emmanuel Macron n’a donc absolument rien d’extraordinaire à offrir à la RDC. Il peut bien continuer sa plaidoirie auprès des Etats africains pour sauver l’Accord de Paris sur le climat, sans s’ingérer dans la politique interne de la RDC.

Comment Macron va-t-il demander à Félix Tshisekedi de rompre brutalement ses relations avec Joseph Kabila, alors que la France a eu à consolider ses relations avec la RDC sous l’ère Kabila à travers les investissements des grandes entreprises françaises comme, Total, Perenco, Orange, Bolloré, Canal+…
C’est un secret de polichinelle que c’est la France qui avait pris en charge la formation de certaines unités des services de Renseignement congolais sous le président Kabila ?

Au finish, Macron doit éviter de se faire l’avocat du diable de la plateforme LAMUKA et s’abstenir de se présenter comme un trouble fête aux instants de réjouissance qui caractérise la première alternance politique en République démocratique du Congo.

À suivre…

LIBERTÉ PLUS

One thought on “RDC: Emmanuel Macron, un avocat du Diable ou un trouble fête ?

  1. Cela saute aux yeux que ces commentaires proviennent des gens de la Kabilie ! Peut-il nous expliquer et les manifestations qui se font en ce moment ci à Kinshasa , a Mbuji-Mayi ? C’est toujours l’ingérence de Macron ! Attendez les talibans vont se pointer à Kingakati on verra votre prétendu “ Cohabitation “ si cela ne va pas t’il pas déboucher sur un affrontement des partenaires !

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