RDC: L’UDPS invitée à imiter l’ANC

Se référant aux résultats des scrutins de décembre dernier, plusieurs observateurs sont d’avis que l’UDPS ne peut pas se frotter les mains pour sa prise de pouvoir. Bien au contraire, elle doit se remettre en cause pour avoir été privée de la Majorité Parlementaire susceptible de lui accorder l’entièreté de la gestion du gouvernement. Ce pourquoi, elle est invitée à revoir sa politique de mobilisation et de dénicher toutes failles étant à la base de cette déconvenue en vue d’y remédier et de se faire une place de choix lors des prochaines échéances.

Pour atteindre cet objectif, estiment nos observateurs, l’UDPS doit se référer et pourquoi pas prendre langue avec les partis du continent ou d’ailleurs ayant une ascension fulgurante ces dernières années.
Il s’agit notamment de l’ANC en Afrique du Sud, du MPLA en Angola et plus près de chez nous, le PCT de Sassou Nguesso à Brazzaville en République du Congo.
En effet, malgré leur influence et leur assise politique dans leurs pays respectifs, ces partis n’ont cessé de redynamiser leurs bases à travers différentes manifestations, réunions de salon et autres supports très diversifiés. Le cas patent du MPLA peut déjà nous servir d’illustration.
Bien longtemps après l’élection de son leader à la tête de l’Angola, ce parti a poursuivi la distribution de leurs supports même au-delà du périmètre de l’Angola. Ici, en RDC, nous avons aperçu des T-SHIRTS frappés à l’effigie de Joao Lourenço, le nouveau président vendus à Kinshasa, des drapelets, des parasoleils et j’en passe des meilleurs. Cela témoigne de la vivacité du parti et de ses structures qui, non seulement se contentent du succès récolté mais se préparent aux autres échéances à venir.

Comme pour dire qu’après sa victoire, un travail de fond doit être amorcé à l’UDPS en vue de maintenir le cap vers le succès et surtout améliorer ses résultats. Car, il ne suffit pas de prendre les rênes du pouvoir, mais il est aussi impérieux d’avoir le leadership parlementaire en vue de gouverner et d’appliquer son projet de société tant vanté comme la solution idéale aux problèmes des congolais. Or, dans les conditions actuelles, le président Félix Tshisekedi doit négocier avec son  » challenger d’hier, le FCC de JOSEPH KABILA pour trouver un Modus Vivendi afin de parvenir à une gestion plus ou moins concertée du pays.

D’ores et déjà, parler d’un déni échec subit par l’UDPS demeure valable étant dans l’impossibilité de marquer seule la vie politique comme du temps de l’AMP, puis de la MP et enfin, du FCC, tous sous Joseph Kabila, pendant les deux dernières décennies. Il y a là pour le parti d’Étienne Tshisekedi un impératif, celui de colmater les brèches.
Parmi les plus en vu figurent la politique de proximité que le Chef de l’État est appelé à mettre en exécution. Car, le peuple congolais attend de voir une rupture entre la dictature de Joseph Kabila et l’état de droit prôné depuis la nuit des temps, sans oublier son ambition programme annoncé le 02 mars dernier à la place de l’échangeur à Limete.

Quant au parti, il lui revient d’accompagner pas à pas et sans relâche le Chef de l’État dans la réalisation de son programme, même s’il est vrai que ce dernier a déclaré publiquement ne pas être président d’un regroupement politique, il n’est, cependant, pas moins vrai qu’il a été voté sur base du projet de société de l’UDPS. Il faudra donc au parti d’œuvrer à son enracinement à travers tout le pays s’il tient à rééditer son exploit de décembre 2018 et, mieux, à améliorer ses performances en vue d’être compté parmi les partis ayant accomplis des exploits en Afrique. Ses leaders, parlementaires, députés provinciaux et autres candidats territoriaux et communaux doivent marquer leur présence sur terrain et ne pas attendre le dernier moment lors des campagnes.

Il va de soi que si le parti de Félix Tshisekedi veut aller loin, elle doit éviter la politique de l’ancienne majorité présidentielle, le FCC, qui clamait haut son intention de conserver le pouvoir en écartant systématiquement le peuple souverain, détenteur privilégié de ce pouvoir toujours à l’affût et prêt à le retirer et à le confier à qui il veut dès lors qu’il ne trouve pas son compte.

Qui dit mieux ?

Hervé Mulumba

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