RDC : «Jean-Marc KABUND a un destin national et suit les traces d’Étienne TSHISEKEDI» ( Ferdinand Kashama interview exclusive à LIBERTÉ PLUS)

C’est dans ces termes que s’est exprimé Ferdinand M. Kashama, membre de l’UDPS et ancien proche collaborateur du président Félix Tshisekedi Tshilombo, au cours d’une interview qu’il a accordée à Liberté plus.

« JM KABUND, en dehors, sera plus efficace qu’au sein d’un bureau qui lui était hostile », a affirmé notre interlocuteur. Tandis qu’il est « prêt à apporter son concours pour éradiquer la frustration de la base qui ne se retrouve pas après l’accession de Félix A. TSHISEKEDI au pouvoir.

En rapport au procès 100 jours, M. Kashama note qu’il a un contenu pédagogique tant pour les congolais que le monde entier. Suivez ci-dessous l’intégralité de cet échange avec Liberté plus.

LIBERTÉ PLUS : Bonjour Monsieur Kashama. Le verdict sur le procès 100 jours dans son volet maisons préfabriquées est finalement tombé le samedi, 20 juin. Kamerhe et ses co- accusés ont été condamnés pour détournement des deniers publics. Avez-vous un avis particulier sur ce dossier ?

M. Kashama: Le verdict de Vital Kamerhe marque une nouvelle ère de la Justice en RDC Congo. Et, cet événement consacre l’installation d’un état de droit au Congo, et regorge un contenu pédagogique pour montrer à la face du monde ainsi qu’aux congolais que les temps ont changé. J’estime que beaucoup des congolais ont compris cela.

Malheureusement, il y a des gens qui pensent que même quand on est voleur, on mérite d’être vénéré. Or, dans nos sociétés africaines, ça dépend évidemment des groupes sociaux et autres, un voleur ne peut être vénéré. Au contraire, on regrettait d’avoir dans la famille une personne qui perpetrait des actes de vol, qui s’accaparait des biens d’autrui pour jouir avec sa femme et ses enfants. Ce qui est regrettable.

Ainsi, cet événement qui marque le début de l’etat de droit dans notre pays indique qu’il n’y aura plus des intouchables.

LP: La Cour constitutionnelle a jugé recevable mais non fondée la requête en annulation pour non conformité de la destitution du bureau de l’Assemblée nationale de l’honorable Jean-marc KABUND-A-KABUND et sa réhabilitation. Pour vous, s’agit-il d’une déception ou, au contraire, cela peut figurer dans l’application de l’État de droit ?

F. Kashama: Le cas de la Cour Constitutionnelle avec la destitution de Jean-marc KABUND, j’en ai plutôt une autre lecture, une lecture spirituelle. Le Président JM KABUND suit la trace d’Étienne TSHISEKEDI. Il a un destin et une mission, non seulement pour le parti UDPS, mais aussi et surtout pour la RD Congo toute entière. C’est un leader appelé, de par son destin, à contribuer à l’avancement de la démocratie dans notre pays. Je me souviens qu’en son temps, Étienne TSHISEKEDI était nommé et destitué sans raison.

Ici, il s’agit de la Cour constitutionnelle. D’abord, ils ont dit que le dossier était recevable. Ensuite, ils trouvent qu’il n’a pas un fondement. Sur quoi se sont-ils basés ? Je ne le sais pas. Car, je ne suis pas juriste.

Cependant, je constate qu’il y a eu cette volonté manifeste de ne plus voir l’honorable JM KABUND siéger au bureau de l’Assemblée nationale. Et il n’a pas perdu, puisqu’au parlement, on le distrayait par nos amis qui sont majoritaires là-bas. Tandis qu’il avait des idées à mettre en place, des choses à faire qu’il ne pouvait accomplir au parlement, d’autant plus qu’il y avait cette majorité hostile qui ne pouvait pas le laisser exécuter la volonté du peuple.

Pour eux, ils l’ont mis de côté. Au contraire, ils l’ont réveillé en disant : «ton combat est pour toute la RDC. Vas-y, continue ta lutte. Et, vous verrez, JMK, en dehors, sera plus efficace qu’au sein du bureau du parlement. Je le connais très bien. Et, vous allez vivre le travail de ce vaillant combattant, qu’en son temps, notre président a qualifié de héros. C’est très rare d’entendre le feu président Étienne TSHISEKEDI qualifier quelqu’un de héros en public.

Et, souvenez-vous, qu’on lui avait donné mission d’unifier le parti et d’emmener l’UDPS au pouvoir. Il l’a accompli. Et, savez-vous l’autre mission qui lui reste? C’est celle de conserver le pouvoir jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ. Pour cela, il faut davantage des combattants et des soldats pour gérer toutes ces promesse spirituelles.

LIBERTÉ PLUS : Le Président a.i. de l’UDPS a recemment nommé 6 secrétaires généraux adjoints au Secrétaire Général Augustin KABUYA. Quels sont vos sentiments après celles-ci?

M.Kashama : Je suis très content, je me suis réjoui des personnes choisies par le président JMK. Ce sont des personnes de grande valeur que je connais très bien et qui vont travailler avec le SG. C’est une très bonne équipe capable de rendre un service appréciable.

Étant donné que plusieurs de ceux qui occupaient ces postes étaient appelés à d’autres tâches dans les institutions de la République, il était temps de suppléer à cette carence par ces nominations pour permettre au secrétaire général de mener à bien sa tache colossale. Je salue ces nominations et profite de l’occasion pour féliciter les nominés, tout en leur souhaitant un bon travail. Car, l’UDPS à un énorme travail pour conserver le pouvoir.

LIBERTÉ PLUS : Nous sommes pratiquement arrivés au terme de notre entretien de ce jour. Avez-vous quelque à ajouter ?

F.Kashama: Si j’ai à ajouter, c’est de demander aux autorités du parti de parer à ce problème de frustration perceptible parmi les combattants, au sein de nos bases respectives, qui se plaignent de ne pas se retrouver alors que nous sommes au pouvoir. J’ai des idées à communiquer auprès de celui ou celle qui aura la charge de la formation ou qui sera désignée pour résoudre ce problème. Ce sont des initiatives à caractère professionnel pour l’utilisation de la main d’oeuvre du parti en vue d’éradiquer cette frustration. Il s’agit de la création des coopératives, la mise en place d’une banque des données dans différents domaines professionnels.

Nous sommes un grand parti avec des millions de membres. Supposons qu’on ait 1million des maçons pour lesquels on crée une coopérative des professionnels de la construction. On fait obligation aux membres du parti de faire exclusivement appel à leur service dans ce domaine. Du coup, nous donnerons un revenu à nos membres.

Ce sera de même pour des mécaniciens. Il faudra mettre à leur disposition des garages et faire la pub en leur faveur afin que tous ceux qui ont des problèmes avec leurs véhicules puissent les contacter et leur donner de l’emploi. Je suis disposé à porter main forte à celui qui sera désigné pour parvenir à cette fin.

Même sur le plan agricole, l’agriculture est un domaine qui peut embaucher des milliers et des milliers de personnes. Pourquoi ne pas créer une coopérative en vue d’acquérir des terrains pour faire des cultures de différentes manières.

Je pense que le parti a du pain sur la planche pour résoudre cette question. On ne peut pas embaucher tous les membres au gouvernement ou dans des cabinets politiques. Mais, il y a moyen des idées pour créer des emplois.

Nous ne sommes plus au temps des combattants pour acquérir le pouvoir. Nous sommes au pouvoir. Le temps est maintenant de nous organiser pour créer nous mêmes, l’UDPS, des emplois pour nos membres. C’est possible. Je sais que c’est possible. Merci !

Propos receuillis par Hervé MULUMBA

Liberté plus

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