Cédric BAKALY au 1er MINISTRE : « (…)Il faut pour cela que le panier de la ménagère puisse bouger, que les enfants aillent à l’école, que les jeunes aient du boulot» (Interview exclusive à LIBERTÉ PLUS)

Au cours d’un entretien qu’il a a bien voulu accorder à LIBERTÉ PLUS en rapport à l’actualité du moment, notamment la formation du Gouvernement, Cédric Bakaly n’a pas mis en cause le choix du Chef de l’État en la personne de Sama Lukonde Comme 1er ministre.

Cependant, il fait quelques recommandations, et non des moindres en sa qualité d’économiste et financier de formation, pour endiguer certains fléaux existants depuis la seconde République tels le chômage et le panier defaillant de la ménagère, et aussi prévenir les aléas susceptibles de bloquer l’action du gouvernement.

Pour votre édification, suivez sa réaction à nos différentes préoccupations.

LIBERTÉ PLUS : Monsieur Cédric Bakaly, bonjour ! L’actualité dans notre pays est dominée par la mise en place du gouvernement de l’Union Sacrée de la République que d’aucun attend avec impatience. Vous êtes un observateur de la société, quels sont vos sentiments en ce jour d’aujourd’hui et quelles chances donnez-vous au gouvernement Sama Lukonde?

Cédric Bakaly: Bonjour et merci pour la question. L’événement qui fait la Une présentement dans notre pays porte sur la nomination du premier ministre et la formation du gouvernement. Cela dit, je vais répondre à votre question en plusieurs étapes.

Premièrement, si on peut se référer à votre dernière publication, j’ai dis que le Chef de l’État allait surprendre agréablement le peuple congolais. Il y a d’abord le mot surprendre. Il y a eu un effet de surprise dans cette nomination parce que de tous les noms qui ont été cités, de toutes les spéculations qu’on a entendues, le nom de Sama Lukonde n’est sortie que 12h avant la nomination officielle. Donc, le Chef est resté maître du jeu, stratège et conservateur. Il a vraiment appliqué la discrétion lui dévolue par la Constitution.

Surprise agréable, oui, parce que premièrement il y avait certaines caractéristiques que le peuple dans son ensemble avait exigé dont le renouvellement de la classe politique avec de nouvelles figures au plus haut niveau, notamment à la primature, au sénat ou encore à la tête d’autres institutions.
Le fait que Sama soit sorti de ce lot du renouvellement constitue une sorte d’apaisement pour le peuple.

De deux, il est jeune. Rappelez-vous que plusieurs structures des jeunes comme l’AJPRO de Hervé Ntini avaient recommandé au Chef de l’État de pouvoir nommer un jeune à la primature. C’est donc une satisfaction pour une frange importante de la population. Troisièmement, c’est la réaction du Grand Katanga, plus particulièrement le haut Katanga. Aujourd’hui, si on se base sur la géopolitique économique, le Katanga reste une province qui pèse sensiblement. C’était donc bon que la province occupe une place de choix dans la gestion des affaires de l’État; et c’est ce qui est fait.

Quatrièmement, c’est le profil du monsieur. Quand on prend le profil de Sama, on constate qu’il n’est pas tombé comme de l’eau dans la soupe. Il a quand même un parcours, mais un parcours silencieux. Il a été ministre, DG de la Gecamines qui, du reste, est une entreprise disposant d’un patrimoine minier énorme et qui attire la convoitise de tous les pays à travers le monde. Il a été à la tête de cette structure pendant quelques temps, mais dans le silence. Et, de là à la primature n’est pas du tout sorcier. Car, même le premier ministre sortant est passé à la SNCC avant sa nomination à la primature. SNCC et Gecamines sont des entreprises sœurs; qu’il soit aujourd’hui nommé 1er ministre va bien avec son profil, c’est faisable.
Et, pour chuter. Bien que je n’aie pas bien suivi son programme, mais du peu que j’ai entendu, je crois qu’il a un plan 2021-22 où l’on doit constater des changements assez significatifs et positifs d’ici la fin de 2022. Il dit que la courbe doit être redressée et qu’on doit passer à une croissance à deux chiffres. Je suis économiste et financier de formation. Au regard des paramètres actuels, ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas non plus facile. Tout dépendra de son intelligence et de sa stratégie ainsi que des méthodes qu’il va employées pour y parvenir. Ça c’est déjà un bon discours.

Autre chose, il parle de la promotion de la jeunesse et de la femme; cela épouse la vision du Chef de l’État. Vous devez savoir que les femmes ont certaines qualités qui sont très importantes à l’évolution d’un pays. En ce jour, une société qui néglige la promotion de la femme n’évolue pas bien sur plusieurs choses. Il y a un travail à faire à ce niveau. Sachez que je suis moi-même militant pour les droits des femmes; on en reparlera dans un autre article.

LP: À votre avis, quels sont les axes susceptibles de recueillir le plus d’attention du 1er ministre en rapport à la formation du gouvernement ?

C.B: Concernant la formation du gouvernement, il appartient au duo, Chef de l’État-1er ministre, de réfléchir. Ce sont des personnes rassurantes en qui on peut avoir confiance. L’Union Sacrée est déjà là et on a pas besoin de 1.000 personnes pour former le gouvernement au risque de se transformer en un moment de partage du gâteau. Dès lors, je crois qu’il faut tenir compte du souverain primaire qui continue d’observer, de faire confiance mais aussi de souffrir, du point de vue social, économique et du point de vue bien-être. À un moment donné, il va se fatiguer de ne consommer que de la politique. Il faut pour cela que le panier de la ménagère puisse bouger , puisse s’améliorer; que les enfants aillent à l’école, que les jeunes aient du boulot. Qu’ils forment leur gouvernement dans cet esprit là. Le profil moral, intellectuel, académique et professionnel doit jouer à ce niveau. Le back round va être aussi important à ce stade. Il faudra également tenir compte des idéaux individuels pour réaliser la vision du chef. Car, il y a certains axes qui constituent le progamme du projet de société du chef de l’État. Par exemple: la gratuité de l’enseignement. Son application rencontre quelques difficultés en ce jour dans la mesure où ceux qui ont géré cette gratuité pendant la coalition n’étaient pas forcément de l’obédience du chef de l’État. Et, des secteurs comme l’enseignement primaire, secondaire et technique professionnelle, doivent être confiés à une personne qui partage à 100% la vision du chef pour que le travail soit bien fait.

Propos recueillis par Hervé Mulumba

LIBERTÉ PLUS

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